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Le forum des passionné(e)s de la Citroën Traction avant

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#1 10-11-2010 22:26:31

cbaker
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Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Ayo!

Petit sujet d'ambiance... Je me réjouis de tous les nouveaux Tractionnistes qui découvrent ou redécouvrent les sensations d'une époque révolue, grâce à cette voiture mythique.

Mais voilà, parmi les nouveaux venus, il y en a dont l'âge ne permet pas de se "rappeller" le contexte (ciao Jason! wink) dans lequel ces voitures roulaient lorsqu'elles étaient neuves ou presque. Alors, l'invitation à la nostalgie est évident, mais derrière les souvenirs personnels, c'est toute un époque que nous pouvons raconter, nous les "vieux" (vieux toi-même! cool) qui avons connu les années charnières quand entre les Tractions, les 4CV, les Frégates et les 203, se profilaient les premiers museaux extra-terrestres d'une machine que l'histoire reconnaîtra comme révolutionnaire: la DS! Il n'en fallait pas trop à l'époque, même pour une petit gars de cinq ans, pour comprendre que nous passions dans une nouvelle ère, anxieux de laisser derrière soi les mauvais souvenirs du conflit mondial et se lancer éperdument vers l'avenir...

Si nous les "vieux" réussissons à transmettre quelques sentiments, quelques éléments de cette période historique, peut-être que les copains qui sont venus après pourront mieux savourer ce que la Traction représente, au-delà de ses caractéristiques mécaniques et ludiques... smile

J'ai grandi en Haute-Loire de 1956 à 1963, au Chambon-sur-Lignon (Trac30 connaît...;)). Les deux chevrons sur la calandre, je me les rappelle sur les vieux U23 avant que sur les Tractions. Dans les rues du village en 1960 il y avait surtout des 2CV et de 4CV (André et Louis continuaient leur bagarre, même après leur mort...). Les magasins du village avaient des volets en bois et les enseignes étaient peintes et souvent fanées. Il y avait sur la place du marché, un magasin de jouets où de temps à autre (trop peu pour le petit bambin que j'étais), ma mère m'emmenait pour choisir une Dinky Toys ou une Norev, ces merveilleuses voitures miniatures au 1/43eme, de métal ou de plastique (je trouvais le plastique inférieur, je n'avais donc pratiquement que des Dinky Toys!).

Les hivers étaient rudes là-haut sur le plateau à mille mètres et souvent nous étions "coupés du monde".  Alors, on se rendait compte de l'importance de l'autarcie, d'avoir du pain cuit à la maison, du bois pour la cheminée, des conserves de petit pois, d'haricots et de carottes. Et puis les patates, des centaines de kilos de patates! Au dehors, les flocons virevoltaient dans le vent et il était impossible de sortir de chez soi. Mais cela importait peu: on jouait parterre dans la chambre avec des dés, des billes ou des pions. Au salon la radio à tubes parlait de la guerre d'Algérie et du Général de Gaulle. En alternance sur le tourne-disque, Georges Brassens chantait "Brave Margot". Un parfum de potage aux légumes flottait dans l'air. Ma mère nettoyait la maison avec un foulard dans ses cheveux. Les chaises étaient en simili cuir et les tables en contreplaqué laqué. A table, les verres étaient des "Duralex", les assiettes jaunes ou vertes venait des Grands Magasins à Saint Etienne, les couverts étaient en fer blanc... Je crois que mes parents buvaient une piquette algérienne ou auvergnate...

On préparait les vacances six mois à l'avance. Serions-nous allés dans le Midi par les routes sinueuses de l'Ardèche, à travers la vallée de l'Eyrieux, ou plutôt vers Genève par Saint Bonnet-du-Froid et Annonay? Les valises étaient en cuir ou en carton, avec des grandes serrures de métal (une valise avec une fermeture éclair? Quoi??? hmm). Ma mère avait une "beauty-case" pour les effets de toilette. Mon père, chauve depuis vingt ans, avait un béret basque pour se protéger. Les imperméables étaient larges et mornes.

Je pourrais continuer pendant des heures. Les réclames sur les murs pour nous faire acheter du Dubonnet, de l'huile Castrol, des ampoules Mazda, du Savon de Marseille... Les lavoirs qui servaient encore, le vieux tortillard que nous appelions "Micheline" mais ce n'en était pas une, le facteur sur sa bicyclette qui entrait dans la cuisine pour nous donner les lettres et buvait un café chaud, les paysans qui venaient tout endimanchés au culte, enrobés des odeurs de la ferme, des vaches et du purin. Les premiers tracteurs qui faisaient l'admiration des badauds. Les grands chars chargés de foin au début de l'été, tirés par de vieux chevaux fatigués.

C'était ça le monde de la Traction. C'était son époque, son décor, sa patrie. Et le petit Christoph qui reconnaissait toutes les voitures à leur bruit de moteur (même les Opel!!! wink), avait déjà été foudroyé par la beauté de Flaminio Bertoni et ne s'en serait jamais vraiment remis...

Allez, les autres compagnons de cette époque, à vos claviers, à vos souvenirs... Alimentons ce fil pour nos petits-enfants!

big_smile big_smile big_smile

Dernière modification par cbaker (11-11-2010 11:46:57)


Christoph - 71 ans - Saint Hilaire d'Ozilhan (Gard) et Rome (caput mundi) - 11 B 1951
Finalement, finalement, il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adulte
(J.Brel)

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#2 10-11-2010 23:07:33

11Légère
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

La France des années 50 en cinémascope !

Merci CBacker et Fred91270!

Quand je pense à la sortie de la DS en 55 ça m'impressionne ! On n'est pas prêts d'assister à une pareille surprise de la part des constructeurs du XXIème siècle...


Elle en a créé des dépressions nerveuses cette sacrée DS.

lucilep.jpg

Au fait pour les fous d'"IDS" conaissez-vous le site du docteur Danche?

http://www.nuancierds.fr


Loris, 20 ans - Suisse Romande - 11 BL 1953

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#3 10-11-2010 23:49:37

HERVE33
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Bonsoir,

Tout celà m'émeut beaucoup, car je ne suis qu'un "petit jeune" à côté de vous (bon pas de Jason et  Loris, faut pas déconner quand même!!!!)

Je suis né fin 1964, j'ai pas connu les Tractions à l'époque, y en avait déjà plus beaucoup, surtout en région parisienne où je vivais...non, moi j'ai connu tout petit et aimé les ID/DS (j'ai fait la distinction bien plus tard, dans les années 70/75), pas des voitures paternelles (mon père a eu une PANHARD DYNA 1954 "9000 JJ 75"-je l'ai pas connue-, puis une FORD Taunus 17M P4 1964, et enfin en 1971, une R 16 TL , sa première voiture neuve, après moultes hésitations avec une ID récente mais d'occasion...je pense qu'à 42 ans, l'"idée!!!!" de pouvoir s'offrir sa première voiture neuve a été dominante...

Bref, je m'intéressais déjà aux autos, savais reconnaître (et toujours aujourd'hui) le millésime des "R 16", mais était fasciné par la Trac.....

Comment je m'y suis intéressé sans l'avoir connue?   Grâce aux ..miniatures, j' ai commencé à acheter les ELIGOR, premiers émois devant le cab.......puis la15 Heller au 1/24°, puis je me suis lancé avec celle au 1/8° revendue depuis (mais je la referai un jour, j'en suis certain"...)

Puis, ensuite, du haut de mes 19 ans (enfin pas tout à fait!), j'ai voulu acheter une Trac....A ma mère qui me disait (en 1983) "Pourquoi n'achètes-tu pas une DS, ce sont de très belles voitures ?"
J'ai répondu " je veux une traction, j'achèterai une DS quand ce sera un véhicule de collection...."

Qui me dit qu'il aurait beaucoup mieux valu faire l'inverse?
J'étais jeune et con, mais je n'ai perdu que la jeunesse!!!!!!!!!!!!!!

Alors, merci aux anciens pour leur témoignages de vie contemporains à l'époque de la Trac, et aussi BRAVO AUX JEUNES DE 15/20 ans qui vont reprendre le flambeau et prouveront que cette auto est intemporelle!


Hervé - Gironde (33)  11BL 1955, 15 six 1952 (à restaurer entièrement), ID 19 1963, 2CV 4 1977 (la voiture de madame), Mazda MX5 1991 (la voiture de madame aussi....)

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#4 11-11-2010 00:18:58

choco11
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Hello smile

C'est beau ce que vous avez écrit les gars, c'est toute une époque désormais disparue, une époque où l'on prenait plus le temps de vivre (et d'aimer) qu'aujourd'hui...
Une époque où le respect existait encore...

Je suis né en 1961 à Clermont-Ferrand, mais j'ai vécu ma "petite enfance" de 1961 à 1972 en Espagne, à San Sebastian (aujourd'hui rebaptisée Donostia), au Pays Basque.

Je me souviens...

Oui, je me souviens, je n'avais que 6 ou 7 ans, je ne jouais qu'avec des voitures miniatures, achetées en France à St Jean de Luz ou à Bayonne...
Et dans la rue, mes yeux émerveillés regardaient les belles autos de cette époque.

Quand nous allions en France parfois le dimanche (la frontière était à 25 kms) je me souviens du contraste entre les rares et vieilles autos du côté de l'Espagne de Franco et les autos "modernes" qui roulaient en France : les Aronde étaient encore bien présentes, les 2cv évidemment, les Dauphine, les Simca 1000, les R4 commençaient à se voir aussi... mais une voiture m'attirait sans cesse et me faisait rêver, celle là j'ai tout de suite su comment elle se nommait... cette voiture, née sous le sigle du double chevron (évidemment lol), vous l'avez évoquée ci-dessus, c'était la fameuse "DS"...

Qu'une DS passe dans la rue, et je la suivais des yeux, ébloui déjà par sa beauté fatale...
Oui je me souviens...

Et je me souviens donc, quand nous rentrions à San Sebastian, les autos n'étaient que des modestes Seat, surtout des "600", les taxis de vieilles Seat 1800... et il y avait çà et là... des TRACTION AVANT lol lol

Eh oui, des Tractions, pour la plupart très fatiguées (c'est mon père qui le disait) mais je les adorais, au point que mon papa m'a acheté une miniature Dinky !!!

Et ce fameux camion vert qui transportait ses barriques de vins, un camion "très vieux" pour le gamin que j'étais... c'était en Espagne un vrai trésor de guerre, c'était un Type 23 Citroën... celui là je n'ai jamais pu l'oublier...

Je me souviens encore du jour de ma première communion, c'était à Bayonne, un ami de mes parents avait une ID19 de couleur orange avec le toit translucide... et bien sur j'ai demandé à faire un tour de "DS"... Comment oublier l'odeur inimitable des sièges en mousse, comment oublier les essuie glaces qui se croisaient et qui avaient bien du mal sous la pluie d'orage...

Aujourd'hui je sais que cette voiture était une des premières ID19, en 6 volts...

Et comment ne pas penser aussi à la Simca 1500 de ma "maîtresse" (attention aux allusions hein, lol), au "tube" (type H) du boucher... à la Cadillac de notre riche voisin de palier...

Ah la la... une autre époque, déjà si loin derrière...
Et comment voulez-vous que plus tard "quand j'ai été grand" smile je n'ai pas sombré dans ces autos mythiques qui ont marqué mon enfance ?
J'ai eu une 4cv, des 2cv, plusieurs DS, des types H, etc... quoi d'étonnant ?

Et aujourd'hui ?
Ben j'ai une Traction pardi big_smile et j'ai aussi le vieux camion vert de mon enfance wink

Oui je me souviens... et ce souvenir est encore très fort en moi, çà s'appelle la nostalgie !!

Merci à toi Christoph, grazie mille, pour avoir ouvert cette page de souvenirs en nous, merci !!

Et allez-y les gars, racontez, racontez, encore et encore...  laissez-vous porter par votre clavier, çà fait du bien...

Oui, je me souviens
Si, mi ricordo,
Yes, I remember...

Dernière modification par choco11 (11-11-2010 00:37:26)


Martial - 54 ans - Berk en Brousse sad
CITROEN 11B de 1953 et TATRA 603 de 1973
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et la vieille Citroën Saxo de 2001

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#5 11-11-2010 00:35:45

HERVE33
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Bonsoir,

J'ai oublié tout à l'heure, Loris, oui je connais le site du Docteur DANCHE, c'est à la fois sous des abords à hurler de rire,  à se prosterner devant tant de recherches, de précisions techniques, le tout servi avec un humour exceptionnellement corrosif (sauf pour nos autos favorites)

Je vous conseille d'aller voir tranquillement ce site (car il faut prendre le temps de surfer pour en apprécier la très haute qualité), je pense qu'en tapant "Nuancier DS", çà suffira pour le trouver


Hervé - Gironde (33)  11BL 1955, 15 six 1952 (à restaurer entièrement), ID 19 1963, 2CV 4 1977 (la voiture de madame), Mazda MX5 1991 (la voiture de madame aussi....)

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#6 11-11-2010 00:40:35

choco11
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Voilà l'adresse, Hervé33 :

http://www.nuancierds.fr/Danche.htm


Martial - 54 ans - Berk en Brousse sad
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#7 11-11-2010 15:32:47

Rackkatrac
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Merci !!! C'est top super bonne idée Christoph!!!!!!! Mais la je n'ai pas le temps de tous lire il faut que j'aille prendre ma dose de traction je suis arrivé a le convaincre de la sortir un peu ...


11 B de 51,11A1936 ,2CV4...
https://www.facebook.com/RackkamobilesLeBlog/
NOUVEAU SITE INTERNET EN COUR DE CONSTRUCTION
                        www.rackkatrac.com

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#8 11-11-2010 18:28:08

TRACTION31
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Allez on continue dans la série " Souvenirs souvenirs ".  Je me rappelle du Banania le matin où je soufflais dedans !!!!!!  en suivant le martinet , normal... la table de formica bleu de la cuisine était pleine de banania.. A la radio, il y avait le Jeu des 1000 Francs !!  J'allais voir THierry la Fronde et Zorro chez un voisin qui avait la télévision .
Mon Papa avait une Simca Grand Large et je me rappelle avoir conduit sur ces genoux.. Maman faisait du Café avec le moulin ; je l'ai tourné celui-là.....  Il me reste qques Dinky et Norev de cette époque..    Allez au Suivant ..


Jean-Pierre de 55 , banlieue Toulouse
11 BL 53...RHD..;)
La Traction , ça avance , enfin presque!!

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#9 11-11-2010 20:39:55

papynico
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

waouuu, quel sujet !! merci christoph !
Moi c'est un peu comme Hervé33, je suis né à Paris ( Clichy la garenne exactement), mais un peu avant lui , en 61. Et les tractions on en voyait pas beaucoup à la capitale. Par contre les DS ,ID simca, peugeot, c'etait plus mon quotidien. Ma grand mere me promenait en R8 major rouge,mon grand-pere breton (tadcoz) ne jurait que par les 2cv, ma mere avait une 203 avec toit ouvrant, le boucher avait une Juva4 break, les voisins une ami 6, mon oncle une simca chambord ( je crois) qui faisait ronfler son V8, et un autre tonton roulait en Panhard pl24. Ensuite ce fût l'epoque des R16/ 504, puis un jour mon beau-pere acheta une bmw1600ti, puis un break volvo 144: on nous regardait comme des extraterrestre dorenavant.
Quand j'ai passé mon permis de conduire, j'ai acheté en premiere voiture une DS 21 pallas avec interieur cuir, boite semi-auto, que j'ai cassée quelques mois plus tard .........snif !
J'ai toujours craqué pour les Tracs, j'ai realisé mon rêve il y a peu, et je continue toujours à rêver ( 15/6, cab7, ...22, pourquoi pas !!!). Bon si j'avais des sous, je saurais quoi en faire !!


traction 11B 1954
2cv speciale 79
Acadiane

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#10 11-11-2010 21:44:30

Léonce
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

A tous, salut.
Je me souviens que dans le gros bourg du plateau du Vivarais où j'ai passé mon enfance il y avait beaucoup de véhicules à traction. A traction avant et animale. Par suite la chaussée était nappée de bouses. Et oui dans cette région peu riche les vaches étaient ferrées car animaux d'élevage et de trait. Les attelages hippomobiles étaient quant à eux moins "polluants" car le crottin était ramassé par les ménagères qui fumaient ainsi les pots de fleurs de leurs fenêtres. Il était courant que pour cet usage la pelle du seau à charbon soit  utilisée. Le jour de marché on entendait parler patois et c'était le jour où ma mère "mettait" du poisson au menu. Le poissonnier venait depuis la "capitale" régionale avec un fourgon portant les deux écussons Peugeot et Chenard-Walcker. Les forains importants utilisaient des fourgons Renault 1500 kgs ou Citroën Tub. Ces derniers une fois la marchandise déballée servaient de cabine d'essayage aux marchands d'habits. Les autres forains utilisaient des "caisses carrées" débarrassées des sièges passagers. D'ailleurs les artisans avaient eux aussi recours à ces vielles guimbardes notamment Renault NN qui, découpées et munies de plateaux à ridelles, faisaient de bons utilitaires. Lesquels utilitaires arboraient à l'arrière les mentions légales quant au nom, la profession et la commune de leurs propriétaires en lettres blanches sur fond bleu.  Je me souviens de la Rosengart de l'instituteur qui avait dans sa classe à la fois CM1-CM2 et Certificat. Il y avait peu de Tractions Citroën. Un voisin transporteur (un Berliet) avait une 11 légère (ou peut-être une 7) et s'en servait peu. Un restaurateur avait une 15/6. Un "négoçiant" une 11 commerciale dont le hayon inférieur restait en position horizontale grace à une chaîne de chaque  coté. Le médecin faisait ses visites en 2 CV Citroën. Les jeunes et moins jeunes avaient beaucoup recours aux deux roues. Principalement des 125 cm3 Monet-Goyon, Koelher-Escoffier et Griffon. Je me souviens de la première DS 19. Celle d'un notable du bourg voisin. Sa ligne était extraordinaire et presque irréelle surtout en comparaison du paysage routier susrelaté. Mon frère aîné m'apprit, plus tard, les détails permettant de distinguer la DS 19 de l' ID 19. Ce qui me permit de faire l'intéressant devant les copains de classe.
Voilà, ce sera tout pour aujourd'hui ...
Tractionnicivilités.

Dernière modification par Léonce (11-11-2010 21:46:40)


" C'est qu'il est plus aisé d'en ôter que d'en remettre "

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#11 11-11-2010 22:00:32

choco11
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Que du bonheur de lire tout çà cool

MERCI encore à Christoph pour cette heureuse initiative qui nous permet de voyager dans le temps et dans des contrées différentes wink


Martial - 54 ans - Berk en Brousse sad
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#12 11-11-2010 22:12:16

LR539
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Un récit -un peu long- que j'avais écrit pour le Club Rosalie


ROMAN  D’UN COLLECTIONNEUR

MON ENFANCE

   Je suis né à MOISSAC, grosse bourgade du Tarn et Garonne.
   Dans mon enfance, juste après la guerre (la seconde), le paysage automobile était assez restreint
   Mon père avait une Hotchkiss AM2, transformée en plateau pour le transport des fruits et primeurs, un voisin une Peugeot 201, des toutes premières avec l’accélérateur au milieu, entre  l’embrayage et le frein, le médecin faisait ses visites au volant d’une « traction avant » (une 7C, je crois) et, tout au bout du chemin, il y avait un agriculteur qui conduisait une Citroën ROSALIE.
   Les années passèrent. L’AM2 devint une première 11 BL, puis une 11 large lui succéda, puis une Panhard Dyna Z1. Les voisins avaient des 4CV, des Dauphines, des 203 et 403, des 2CV…..
   Et au bout de la rue (et oui, le « chemin » était devenu une rue), il y avait toujours l’agriculteur et sa ROSALIE.
   On la voyait toujours passer, à la saison des fruits et du raisin (le fameux chasselas de MOISSAC), chargée de plateaux –il avait enlevé la banquette et le dossier arrière- et encore le panneau de malle rabattu et tenu par des chaînes, pour conduire la cueillette au marché.

   C’était pour moi l’époque des vélos, puis de ma première MOB (la beige, avec le réservoir sous la selle), de ma première moto (une 125 Monet-Goyon), transformée pour faire du tout-terrain, de mon premier Vespa.
   Tout ça payé avec mes petits boulots de vacances : l’emballage et le transport des fruits, puis manœuvre maçon, et enfin mécanicien sur SOLEX.
   Après, la Fac avec le Vespa, le pionnicat avec la Panhard de papa, puis le service militaire et le départ pour l’Algérie.
   Les JEEP, les G.M.C., les WRECKER, là-bas aussi je conduisais….mais pas trop malheureux car je « tenais » le foyer de la compagnie.
   A mon retour, nouvel exil, vers la capitale cette fois-ci, pour le travail.
   Et puis, le mariage, ma première voiture neuve –une Renault R10-, puis encore une autre –une Ford CAPRI 1700-.
   Et à chaque retour vers MOISSAC, au bout de la rue, je voyais encore passer la ROSALIE.

MA PREMIERE VOITURE ANCIENNE

   En 1980, après 12 années de « pénitence » à PARIS, j’ai eu l’opportunité de revenir vers le Sud et de m’installer à TOULOUSE.
   Au cours d’une discussion avec mon père, j’appris que le « pépé CUZOULS » ne conduisait plus, car trop âgé….encore qu’il circulait toujours……… mais en SOLEX.
   Je rentrais alors en contact avec lui, mais impossible de lui faire vendre SA voiture, car –devenu veuf- il avait fait la promesse de garder ce souvenir qui lui rappelait son épouse. On lui en avait offert à plusieurs reprises des sommes importantes (jusqu’à 25.000 francs !!!!)
   Quelques mois plus tard, c’est sa fille qui le poussait à vendre, car –disait-elle- quand elle venait le voir (de LYON,) elle était obligée de laisser sa DYANE dehors alors que le tacot était bien à l’abri.
   L’affaire fut faite rapidement, contre la somme de 10.000 francs, car c’était un ami de mon père.
   En rédigeant les papiers de vente, j’appris l’historique de ma nouvelle acquisition.
   Achetée neuve en juin 1934 (donc une 10 NH série B, à roues avant indépendantes) par un restaurateur parisien qui ne voulait pas essuyer les plâtres des premières tractions, elle avait été revendue en 1938 à mon voisin, qui l’avait conservé de 1938 à 1981.  J’étais donc seulement le troisième propriétaire !!!!!
   Durant la guerre, elle avait été cachée dans la remise, sous des bottes de paille, à dix mètres d’un poste de mitrailleuse allemand, dont les servants venaient se soulager contre le mur. Ils n’ont jamais soupçonné son existence, puisqu’ils sont repartis en vélo vers le Nord, au moment de la Libération…..

   La peinture (sauf l’aile arrière droite, repeinte) était d’origine, ainsi que la moleskine de toit, les caoutchoucs de marchepieds, l’intérieur en tissu gris à chevrons.
   La seule modification concernait l’ajout de clignotants style jockey sur les panneaux de custode et deux feux rouges à l’arrière au lieu d’un feu rouge et d’un feu vert.
   Le moteur avait été refait en 1978 (facture jointe !!!!)

   Le samedi suivant, dès le matin, j’arrivais chez mes parents et rejoignais la remise, accompagné de Monsieur ALBERT (patron du garage CITROEN de MOISSAC)
   Une batterie et quatre bougies neuves, quelques tours de manivelle pour « dégommer » le moteur, quelques coups sur le levier de pompe à essence pour « appeler » et, au quatrième coup de démarreur, malgré la vieille essence, les vis platinées même pas nettoyées, le moteur se mis en route, un peu pétaradant et fumant tout de même……..

   Quelques minutes plus tard, je prenais pour la première fois le volant de ma belle.
   Quelle émotion !!! Une direction très très flou, surtout par rapport à une voiture moderne, une accélération en rapport avec le poids du véhicule et son petit 10 CV ….mais ça y était, elle revivait !!!!!

   Le soir même, après un bon shampoing et un nettoyage à l’aspirateur, MA Rosalie prenait, par la route, la direction de TOULOUSE, à 70 Kms de là !!!!

MES PREMIERES SORTIES

   Voilà, j’étais un « collectionneur » même si je n’avais qu’une seule ancienne !

   Je me mis donc en quête d’humains aussi bizarres que moi, qui préféraient l’inconfort au confort, la direction style camion à la direction assistée, qui « montaient » en voiture au lieu de se courber pour entrer dans un coupé au ras du sol.
   Ce ne fut pas très facile……….
   A l’époque, les Clubs de voitures anciennes faisaient surtout dans la voiture de race et de classe. Ah ! Si j’avais eu une Hispano, une Bugatti, ou même une simple Voisin, on m’aurait accueilli les bras ouvert ! Mais une Citroën, une Rosalie 10 CV………aller donc voir le club machin-truc-chose….ils « font » dans la populaire……

   Je trouvais enfin un club moins snob (et même pas du tout) qui à l’origine ne s’intéressait qu’aux tractions avant, mais qui voulut bien de moi et de ma titine.
   
Et ce fut ma première sortie….sur deux jours, en Ariège, un mois de juin caniculaire.   Le port de l’Hers, le col de Port (pléonasme, puisque port en ariégeois signifie col). Ça chauffait, les vitesses  sautaient  dans les descentes, ça sentait l’huile chaude mais j’étais heureux, j’étais parmi mes « frères ».

    
   J’eu la chance de beaucoup plus dépanner les autres que moi-même, grâce à quelques notions de mécanique apprises lors de la « formation militaire » qui avait conditionnée mon sursis au départ à l’armée, grâce à mes jobs d’été de réparateur de SOLEX, grâce à un stage de conduite et mécanique chez les frères MAREAU (ceux qui firent le PARIS DAKAR en R4, puis en R12 break…) avant un voyage en Cote d’Ivoire.


MA PREMIERE RESTAURATION

   Rapidement, ma Rosalie en état d’origine montrant des signes visibles de fatigue (bas de portes, bas de caisse rouillés…..), je décidais de refaire une beauté à ma voiture.
   La mécanique semblant en bon état, puisque refaite en 1978, je m’attaquais à la carrosserie.
   Dans mon jardin, sous un auvent, avec l’aide du gendre d’un collègue de travail, je démontais les ailes, le capot, les portières …etc..  Le reste paraissant sain, je n’ai pas désolidarisé la caisse.
   Bien sur, les surprises ont commencé : L’aile poncée, on avait l’impression d’avoir une passoire et non une tôle. Les ailes arrières avaient besoin d’un « rétreint » pour ne plus faire clac-clac chaque fois qu’on appuyait dessus.
   J’appris ce qu’était un « pince à soyer » pour refaire les bas de portières………
   J’appris aussi le ponçage, le ponçage, le ponçage……… « mais non, regarde, ou plutôt touche….passe la main là……tu ne sens pas ???????? Et non, je ne sentais pas ………..alors, un coup de peinture noire très fine sur l’apprêt, de nouveau le papier à poncer mouillé et là, miracle, je « voyais » les défauts……….


   La peinture fut effectuée par un professionnel, au plus prés de la couleur d’origine, grise avec les ailes noires. Je croyais bien faire, donc j’ai repeint la malle en noir aussi, alors qu’elle était de la couleur de la caisse.

   Pour la sellerie, je décidais pour des raisons pécuniaires de mettre un tissu plus moderne, plus abordable, un velours de nylon gris à chevron, assez semblable esthétiquement à celui d’origine.
   Je contactais un lycée technique qui me refit les sièges Je pensais avoir un travail revu et corrigé par un prof « pro ». En fait, j’eu droit à des « housses » sur l’ancien tissu !!!!!!!
   Avec mon épouse, nous décidions alors de refaire nous-même l’intérieur et le pavillon.
   Ma foi, nous fûmes plutôt satisfait du résultat, au-delà de nos espérances, et en tout cas mieux que le travail des lycéens.
   
Je fus d’ailleurs récompensé de ce travail puisqu’à chaque sortie un « capital sympathie » énorme accueillait la voiture à tous les arrêts : « Oh, c’est la même que celle de papi….c’est sur la même que j’ai passé mon permis….c’est une &&&&&&&&& »…. Non, madame c’est une CITROEN ROSALIE…….que d’anecdotes, que de sourires, que de contacts enrichissants !!!

    

   Mais mon titre de gloire, c’est en revenant à MOISSAC que je l’ai eu.
   J’allais chercher l’ancien propriétaire à la maison de retraite où il s’était retiré et -pendant tout un dimanche- je l’ai promené dans SA voiture remise à neuf, invité au restaurant, puis ramené à son logement…….devant les yeux envieux des autres pensionnaires.

   
Il en pleurait. Il avait 91 ans.

Il était temps que je termine la restauration.
L’année suivante, il s’éteignait.

Et je continuais ma vie de « collectionneur !
Je me suis servi pendant quelques années de ma Rosalie, avec beaucoup de joie, quelques pannes (pignon céleron de distribution, une soupape d’échappement grillé, quelques problèmes d’amortisseur à l’avant), mais sans jamais rester au bord de la route, sans jamais de remorquage.


MES AUTRES VOITURES

   Oui mais voilà, quand on a mis le doigt dans l’engrenage, c’est tout le bras qui y passe !!!!
   Déjà j’envisageai l’achat d’un cabriolet.
      Une vente aux enchères avait lieu à TARBES.
     Accompagné de mon épouse j’allai voir et tenter d’acquérir un cabriolet Peugeot 201 M.
   Je revins avec un cyclecar BENJAMIN de 1922 !!!!!      

   Quelques années plus tard, j’appris qu’un collectionneur de TOULOUSE vendait plusieurs voitures et notamment une GEORGES IRAT à moteur Ruby, une ROSENGART Supertraction et deux DELAGE.
   Les DELAGE et la GEORGES IRAT étaient déjà restaurées, la ROSENGART en semi-épave.
   Les DELAGE étaient pour moi hors de mes moyens, et la GEORGES IRAT, avec son moteur 6 CV et son habitacle minuscule ne pouvait nous convenir.
   Après bien des tractations, aussi bien avec que vendeur qu’à l’intérieur du couple, j’achetai la ROSENGART.

Aïe, quatre ans de travail pour en arriver à ça.
    
roseng.png

   Entre temps, un de mes amis décédait. Il avait plusieurs autos en très bel état, sur lesquelles il avait travaillé de nombreuses heures.

   Nous décidâmes, au sein du Club, de racheter les voitures, d’abord pour que sa veuve ait rapidement des liquidités, puis pour que les véhicules ne tombent pas aux mains de « margoulins » qui en ferait commerce.
   Un pris les tractions, un autre la 24 CT, un autre encore une vieille Mercedes.

   Il restait une JEEP, je l’ai achetée.
    

   J’avais maintenant quatre voitures, et deux bras…………….
   Je mis en vente la BENJAMIN, achetée pour mon épouse, mais inconduisible, avec ses roues de 700, sa direction de moins d’un tour de volant de butée à butée, l’accélérateur au milieu, la transmission sans différentiel...   Difficile de trouver acquéreur…….   .
   
Puis un mandataire de voitures allemand vint adhérer au Club, avec une Alfa GIULIA spider.   Il tomba amoureux de la JEEP et n’eut de cesse de me l’échanger contre l’ALFA……moyennant soulte bien sur !!!!!
   Quelques temps plus tard, j’étais dépossédé de la Jeep et propriétaire de la Giulia.    
   Belle voiture que cette ALFA ! Moteur 1600, boite cinq, freins à tambour à triple mâchoires.
   Un régal à conduire…mais……
   Si les sardines étaient grosses, la boite était petite !!!!!!!!!
   Appuyés épaule contre épaule, la position n’était pas très confortable et ceux d’autant plus que ma taille faisait que mon regard se trouvait juste sur la courbure du pare-brise, occasionnant au bout de quelques dizaines de kilomètres des migraines carabinées.
    Alors !!!
   Je mis en vente cette merveille, avec des pincements au cœur comme jamais
   Elle se vendit facilement et partit pour Monaco……..
  Sur un coup de tête, je mis aussi en vente la ROSALIE, pensant acheter avec l’argent des deux ventes une « grosse » voiture, genre Ford Mustang.
   Je préparais donc la ROSALIE, mais elle ne se laissa pas faire (déjà que j’avais eu toutes les peines du monde pour décider mon épouse à cette vente !!!!)
   Alors que j’allais conduire la voiture au contrôle technique, elle me fit un « caprice » grand comme ça.
   Une pale du ventilateur ayant cassé, cela entraîna la rupture du corps de pompe à eau, les autres pales fendant le radiateur en deux, perçant le capot heureusement fermé à ce moment là, et la courroie, bloquée subitement, tordit presque à angle droit la plaque avant du moteur, la dynamo se retrouvant perpendiculaire au bloc moteur !!!!!!!!!!
   Une véritable catastrophe.
   Je compris qu’elle ne voulait pas que je la vende.

    DEUXIEME RESTAURATION

   LE SORCIER DES PYRENEES

   N’ayant ni le temps ni les capacités techniques nécessaires à une belle restauration, je décidai avec mon épouse que nous allions investir le produit de la vente de l’ALFA dans la restauration de ROSALIE.
   J’avais en tête un article de L.V.A. datant de quelques années, intitulé « Le Sorcier des Pyrénées », consacré à un restaurateur de voitures anciennes du GERS, et en disant le plus grand bien.
   Je me plongeai dans mes archives, retrouvant l’article et les coordonnées de l’atelier.
   Je pris contact téléphonique : « Ah oui ! Ça me ferait plaisir de restaurer une populaire, j’en ai un peu marre de toutes ces voitures de luxe…………. »
   Quelques jours après, je chargeai ma voiture sur un camion plateau, et en route pour le GERS.
   A mon arrivée sur les lieux, au bout d’un chemin de terre, grosse surprise :
- Un grand hangar, en pleine nature, dont les alentours ressemblaient plus à une « casse » d’anciennes qu’à un atelier de mécanique : Ancien matériel de chantier, vieilles voitures en épaves dans un enclos enfermant trois ânes…………
- A l’intérieur un vieil utilitaire à bandages pleins nous accueille mais juste à coté, pas mal de merveilles en cours de restauration : une Bugatti 8 cylindres en ligne, une Panhard Panoramic en châssis séparé de la caisse,  un Rallye, un ancêtre OLDSMOBILE style traîneau du père Noël…………….
   -Pas de « blouse blanche » pour m’accueillir, mais un TITI PARISIEN d’un mètre soixante, en salopette, casquette à la gavroche, mégot de « roulée » au coin des lèvres, avec la gouaille qui va avec……..
   La discussion s’engage au vue de ma voiture : Je veux une restauration au plus près de l’origine, mais pas « à l’américaine », je veux conserver le maximum d’éléments d’origine, même s’ils ne sont pas en parfait état (calandre, phares, moleskine de toit, marchepieds………..)

   Bref, bien sur sans devis, il s’engage à me faire « la plus belle Rosalie de France » dans une fourchette de prix entre 60 et 80.000 francs. Je tope –à l’ancienne- pour une restauration en mécanique portant sur la réparation de ma « grosse » panne, la réfection de l’embrayage, en carrosserie avec une peinture en brillant direct, et la sellerie.
   Je dois fournir les pièces nécessaires (pompe à eau, entourage de pare-brise, pneus…) pour éviter des recherches longues et coûteuses.
   
   Le démontage et la réfection mécanique, ainsi que le travail de carrosserie se passent bien, avec à chaque visite le versement d’acomptes.
   Ça se gâte au moment de la peinture !!!
   La cabine de peinture est totalement obsolète et -dès le vu des premiers résultats- je m’aperçois qu’il y a partout les grains de poussières. J’en fait la remarque et c’est là que se révèle le vrai caractère de mon restaurateur : C’est lui le professionnel, il sait ce qu’il fait, il n’a jamais eu de remarques de ce genre auparavant………….Bref, les choses se gâtent….
   Entre temps, sa fille –qui devait me refaire la sellerie- c’est aussi fâchée avec son père et a quitté l’atelier. Il m’assure qu’il est parfaitement capable de faire lui-même l’intérieur de mon véhicule, que c’est lui qui a « tout appris » à sa fille et qu’il a déjà fait la sellerie de plusieurs voitures de luxe et donc qu’une populaire…………..
   J’ai bien sur déjà acheté le tissu et il l’a en sa possession….je suis un peu prisonnier.

  Les visites s’espacent car –à chaque fois- il y a discussion sinon dispute. Il me promet que lorsqu’il aura fini la voiture elle sera parfaite et que j’attende donc la fin des travaux pour faire mes observations………J’en suis à 100.000 francs………….

   Enfin arrive le coup de téléphone m’annonçant que je peux venir chercher ma voiture (moyennant quand même un « supplément » de facture de 11.000 francs ».

  Accompagné  de mon épouse, je pars donc récupérer mon bien et là, déception encore plus profonde : La peinture est toujours style « émeri » quand on passe la main, l’intérieur a été « saboté », les coutures ne sont pas droites, le tissu martelé pour enfoncer les clous…….
  Bien sur il y a un gros orage dans l’air et je vois le moment où le « titi-roquet » de 60 kg va me bondir dessus (je pèse plutôt au dessus des trois chiffres pour 1,85m).
   Sachant que je n’ai rien à espérer d’une confrontation physique, j’abandonne le terrain.

   Quelques jours après, par lettre recommandée, je demande une facture « détaillée » des travaux effectués et annonce que je me présenterai avec un homme de l’art pour expertiser la voiture,  les travaux et leurs défauts…….

   Une première expertise ne donne rien, sinon des phrases du genre : vous en avez pour votre argent….je suis ici le seul professionnel………

   Je propose donc une deuxième expertise, contradictoire cette fois.

   Le « sorcier » ne veut toujours pas reconnaître ses malfaçons….mettant même en doute les qualifications de son propre expert…….ça j’engage très très mal…

   Il exige même que je verse le reliquat de facture avant de pouvoir sortir Rosalie de son garage.

   Il accepte malgré tout de faire quelques « modifications» à sa restauration : Je lui propose de payer la location d’une cabine de peinture chez un carrossier pour refaire la peinture. Il refuse, préférant poncer et lustrer sa propre peinture.

   Il accepte aussi avec réticence de revoir une partie de la sellerie.

   Un mois après, nouvelle expertise contradictoire : Les rafistolages sont tellement limite que je ne peux accepter un tel travail pour une somme aussi importante (j’en suis à 11.000 francs plus les pièces, soit plus de 13.000 francs !!!)

   Il ne reste plus qu’une solution : la Justice……


LE PROCES

   Moi qui n’ai jamais eu de problème avec aucun artisan, aucun commerçant, me voilà à la recherche d’un avocat connaissant la voiture ancienne……….galère……..
   C’est moi qui ai été obligé de rédiger la partie technique de l’assignation, de rechercher les prix, les devis, les cotes……..

   Convocations, remises d’audiences, référés, remises d’audience,expertise judiciaire, remises d’audience………..

   Bref, deux ans de galère, deux ans (sans compter l’année de restauration) sans ma Rosalie.

   J’use alors d’un subterfuge : J’envoi une lettre recommandée à mon « adversaire » lui indiquant de bien vouloir mettre à ma disposition, en état de marche, ma voiture et lui donne un rendez-vous pour cette remise, en précisant que je serai accompagné d’un huissier de justice afin de faire constater la restitution du véhicule, son état et les éventuels incidents.

   Ça marche, et je récupère enfin Rosalie, avec pas mal de « ouf » de soulagement, d’autant qu’il m’avait été indiqué que ce monsieur, sur un coup de colère parce qu’il n’était pas content de son travail, avait massacré à coups de masse une Jaguar type E en restauration chez lui…..
   Rosalie n’est pas parfaite, loin de là, mais elle est dans mon garage.
   Enfin l’audience……en fait rien du tout, un dépôt de dossier, pas de plaidoirie et délibéré sous deux mois………….
   Enfin, grande nouvelle, mes droits sont reconnus……..mais avec une remontrance et pas mal de réticences : j’aurai dû demander, que dis-je exiger, un devis détaillé, des avenants à chaque problème rencontré, des feuilles de réparations comme pour une voiture moderne.
   
   Pauvre Justice qui ne connaît rien de notre monde de voitures anciennes.   

   Heureusement, malgré sa hargne, le « sorcier des Pyrénées » laisse tomber et ne fait pas appel. 

   Je rentre un peu d’argent, bien sur je suis perdant sur le coup, car quoiqu’en dise les textes de loi, la justice n’est pas gratuite, loin de là.

Bon, ROSALIE roule maintenant, elle a rejoint dans le garage ROSENGART sa copine de cinq ans sa cadette, et aussi STAG, une jeune fille beaucoup plus récente, mais avec beaucoup de tempérament, ce qui me permet d’élargir le champ de mes sorties en anciennes.


CONCLUSION

   Voilà, pour l’instant, la fin du roman.


   Les histoires ont toujours besoin d’une morale, parfois même de plusieurs :

-Aimez celui ou celle qui vous aime, même si c’est un objet, peut-être a-t-il une âme.

-Ne faites pas confiance à un humain, surtout s’il vous promet la Lune, seuls quelques astronautes ont mis le pied dessus.

-Méfiez-vous des conseilleurs, ils sont rarement les payeurs.

-Et si l’on vous dit qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un long procès, préférez l’arrangement, même si, sur le moment, il parait en votre défaveur.



   





ROMAN  D’UN COLLECTIONNEUR

La suite……………………

Me voilà maintenant avec une Rosalie, restaurée certes, mais avec beaucoup de défauts …….

    J’entreprends donc la remise en état de l’intérieur d’abord.

    Je rachète du tissu et refait (avec l’aide de mon épouse) les dessus de portières, les pieds droits, l’entourage de pare-brise. Je reprends une partie des sièges, l’arrière des dossiers.

    Avec l’aide d’un peintre qui a repeint ma Rosengart (après un gravillonnage sévère) je corrige les défauts de peinture.

    Mais la grosse surprise c’est que peu de temps après avoir récupéré la voiture, j’ai un énorme pépin moteur : Un segment casse, entraînant l’arrachement d’un piston sur une bonne partie. Les autres cylindres et pistons ne sont guère mieux !

    A l’ouverture du moteur, on se rend compte que celui-ci, pourtant refait pas un professionnel peu de temps avant que j’achète la voiture (donc en 1978), est très abîmé, comme si de l’eau (ou de l’acide !) avait séjourné dans les cylindres !!! Alors ??? Une vacherie de mon adversaire, un mauvais stockage du moteur ?? Je n’ai sais rien, mais en tout cas il faut refaire le moteur !!!

    Je confie ma voiture à un mécanicien de confiance.

    Réalésage des cylindres, quatre pistons neufs, rectification de la culasse (éprouvée, bien sur) et des poussoirs, changement des soupapes, changement des goujons. La ligne d’arbre est parfaite donc je n’y touche pas.

    J’en profite pour mettre un allumeur neuf.

    Une fois remonté, le moteur tourne comme une horloge, agréable, silencieux, un vrai régal.

    Quelques centaines de kilomètres de rodage, et ma première grande sortie, c’est le rallye du R.C.C., à CADAUJAC en GIRONDE
   
Et voilà la fin (provisoire) de mon roman.


Michel, Toulouse, "Est possédé - à nouveau- par une Rosengart LR539".
"Je ne suis pas un ancien de 82 ans... Je suis un jeune de 20 ans, avec 62 années d'expérience et j'ai abandonné l'idée d'être pris au sérieux. Les années n'apportent pas la sagesse, juste la vieillesse."

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#13 11-11-2010 22:18:13

Rackkatrac
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

cbaker a écrit :

Ayo!

Petit sujet d'ambiance... Je me réjouis de tous les nouveaux Tractionnistes qui découvrent ou redécouvrent les sensations d'une époque révolue, grâce à cette voiture mythique.

Mais voilà, parmi les nouveaux venus, il y en a dont l'âge ne permet pas de se "rappeller" le contexte (ciao Jason! wink) dans lequel ces voitures roulaient lorsqu'elles étaient neuves ou presque. Alors, l'invitation à la nostalgie est évident, mais derrière les souvenirs personnels, c'est toute un époque que nous pouvons raconter, nous les "vieux" (vieux toi-même! cool) qui avons connu les années charnières quand entre les Tractions, les 4CV, les Frégates et les 203, se profilaient les premiers museaux extra-terrestres d'une machine que l'histoire reconnaîtra comme révolutionnaire: la DS! Il n'en fallait pas trop à l'époque, même pour une petit gars de cinq ans, pour comprendre que nous passions dans une nouvelle ère, anxieux de laisser derrière soi les mauvais souvenirs du conflit mondial et se lancer éperdument vers l'avenir...

Si nous les "vieux" réussissons à transmettre quelques sentiments, quelques éléments de cette période historique, peut-être que les copains qui sont venus après pourront mieux savourer ce que la Traction représente, au-delà de ses caractéristiques mécaniques et ludiques... smile

J'ai grandi en Haute-Loire de 1956 à 1963, au Chambon-sur-Lignon (Trac30 connaît...;)). Les deux chevrons sur la calandre, je me les rappelle sur les vieux U23 avant que sur les Tractions. Dans les rues du village en 1960 il y avait surtout des 2CV et de 4CV (André et Louis continuaient leur bagarre, même après leur mort...). Les magasins du village avaient des volets en bois et les enseignes étaient peintes et souvent fanées. Il y avait sur la place du marché, un magasin de jouets où de temps à autre (trop peu pour le petit bambin que j'étais), ma mère m'emmenait pour choisir une Dinky Toys ou une Norev, ces merveilleuses voitures miniatures au 1/43eme, de métal ou de plastique (je trouvais le plastique inférieur, je n'avais donc pratiquement que des Dinky Toys!).

Les hivers étaient rudes là-haut sur le plateau à mille mètres et souvent nous étions "coupés du monde".  Alors, on se rendait compte de l'importance de l'autarcie, d'avoir du pain cuit à la maison, du bois pour la cheminée, des conserves de petit pois, d'haricots et de carottes. Et puis les patates, des centaines de kilos de patates! Au dehors, les flocons virevoltaient dans le vent et il était impossible de sortir de chez soi. Mais cela importait peu: on jouait parterre dans la chambre avec des dés, des billes ou des pions. Au salon la radio à tubes parlait de la guerre d'Algérie et du Général de Gaulle. En alternance sur le tourne-disque, Georges Brassens chantait "Brave Margot". Un parfum de potage aux légumes flottait dans l'air. Ma mère nettoyait la maison avec un foulard dans ses cheveux. Les chaises étaient en simili cuir et les tables en contreplaqué laqué. A table, les verres étaient des "Duralex", les assiettes jaunes ou vertes venait des Grands Magasins à Saint Etienne, les couverts étaient en fer blanc... Je crois que mes parents buvaient une piquette algérienne ou auvergnate...

On préparait les vacances six mois à l'avance. Serions-nous allés dans le Midi par les routes sinueuses de l'Ardèche, à travers la vallée de l'Eyrieux, ou plutôt vers Genève par Saint Bonnet-du-Froid et Annonay? Les valises étaient en cuir ou en carton, avec des grandes serrures de métal (une valise avec une fermeture éclair? Quoi??? hmm). Ma mère avait une "beauty-case" pour les effets de toilette. Mon père, chauve depuis vingt ans, avait un béret basque pour se protéger. Les imperméables étaient larges et mornes.

Je pourrais continuer pendant des heures. Les réclames sur les murs pour nous faire acheter du Dubonnet, de l'huile Castrol, des ampoules Mazda, du Savon de Marseille... Les lavoirs qui servaient encore, le vieux tortillard que nous appelions "Micheline" mais ce n'en était pas une, le facteur sur sa bicyclette qui entrait dans la cuisine pour nous donner les lettres et buvait un café chaud, les paysans qui venaient tout endimanchés au culte, enrobés des odeurs de la ferme, des vaches et du purin. Les premiers tracteurs qui faisaient l'admiration des badauds. Les grands chars chargés de foin au début de l'été, tirés par de vieux chevaux fatigués.

C'était ça le monde de la Traction. C'était son époque, son décor, sa patrie. Et le petit Christoph qui reconnaissait toutes les voitures à leur bruit de moteur (même les Opel!!! wink), avait déjà été foudroyé par la beauté de Flaminio Bertoni et ne s'en serait jamais vraiment remis...

Allez, les autres compagnons de cette époque, à vos claviers, à vos souvenirs... Alimentons ce fil pour nos petits-enfants!

big_smile big_smile big_smile

Superbe récit Christoph (les autres aussi merci bien) Je connais très bien le Chambon je passe mes vacances là-bas presque (a st-ageve juste a coté) mes parents on une maison de vacances C'est resté un village/ville encor très très tranquille !

Le monde est petit quand même


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#14 11-11-2010 22:26:54

cbaker
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Merci Michel! big_smile Je ne connaissais que quelques détails de cette histoire. Ça se lit vraiment "comme un roman"... smile
Pour la suite, si ça t'inspires, peux-tu nous raconter tes souvenirs de la vie à Moissac quand tu as vu ta première Traction? wink


Christoph - 71 ans - Saint Hilaire d'Ozilhan (Gard) et Rome (caput mundi) - 11 B 1951
Finalement, finalement, il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adulte
(J.Brel)

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#15 11-11-2010 22:32:01

TRAC35
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Roman aussi long que passionnant Michel, on s'y croirait  ( sans les désagréments lol )


Pascal - du Nord (59)  - 7C  et 11 BL de 1938
http://www.flickr.com/photos/traction_avant/   - 
http://camac.forumactif.fr/t2691-tracti … terminable
Ne jugez pas les gens pour ce qu'ils ont, mais pour ce qu'ils sont.

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#16 11-11-2010 22:32:44

choco11
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Merci Michel pour cette belle page d'histoire smile

Quelle épopée la restauration de ta Rosalie...

Au moins cela me conforte dans l'idée qu'il faut essayer d'en faire le maximum soit-même, il y a encore beaucoup de "professionnels" du genre de ton "sorcier", hélas sad


Martial - 54 ans - Berk en Brousse sad
CITROEN 11B de 1953 et TATRA 603 de 1973
3 Volkswagen : 2 Polo et 1 Caddy Maxi Van
et la vieille Citroën Saxo de 2001

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#17 12-11-2010 00:56:33

Bellonze
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Le Chambon! j'y ai des connaissances, (des parpaillots of course). J'y ai passée une nuit avec la traction (et accessoirement ma dulcinée) le démarrage à la fraiche bien humide du petit matin fut laborieux.  mais j'ai une furieuse envie d'y retourner,.... ou au Mazet smile smile Saint Voy!!


Henri 7 ans de plus que sa BL de 56, partagé entre Montpellier et l'Aveyron
La même traction depuis 1973 et d'autres maitresses à deux roues depuis à peu près la même époque.
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#18 12-11-2010 01:22:57

Rackkatrac
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Bellonze a écrit :

Le Chambon! j'y ai des connaissances, (des parpaillots of course). J'y ai passée une nuit avec la traction (et accessoirement ma dulcinée) le démarrage à la fraiche bien humide du petit matin fut laborieux.  mais j'ai une furieuse envie d'y retourner,.... ou au Mazet smile smile Saint Voy!!

Mazet st-voy je connais très bien aussi j’y suis resté pendant 4 vacances dans un super moulin qu'on avait presque acheté on avait signé le compromis et on avait sympathisé avec le vendeur et ils nous avaient donné les clefs pour commencer l'emménagement mais deux semaine avant de conclure la vente définitive chez le notaire la safere nous a retiré la vente pour que le voisin qui possédé le moulin plus loin l'achète ...

Voila des photos de ce fameux moulin qu’on a « possédé » un petit moment c'est le site de la personne qui nous la "volé"

http://www.les-moulins-du-bouchat.fr/in … il/id,123/

Des moments superbe rien que le fait de ce réveiller le matin avec les canards dans l'étang devant la porte de la chambre ... Bon pas trop cool de ce laver dans la rivière glacé mais sa fait des souvenirs !

Tu connais des tractioniste un peu la haut ???

Si tu monte dit moi le on ira voir une superbe 11 d'un tractioniste et une épave 11B de 54 ...


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#19 12-11-2010 10:45:48

JPP38
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Le Chambon-sur-Lignon... J'y suis allé l'année dernière. La "micheline" est en réalité un autorail Billard, qui épaulait des machines de type "Mallet". Ah, le réseau du Vivarais, quelle merveille!!!

Mon expérience en véhicules anciens est plus restreinte que la vôtre. J'ai connu la mécanique dès mon plus jeune âge, dans le garage-poste d'essence de mes grands parents. Mon grand-père était sollicité pour tous les problèmes techniques (électricité, mécanique, hydraulique...). J'ai toujours considéré son garage comme une grange aux trésors. Il abritait une 15/6F, diverses machines fabriquées et inventées maison, qui étaient entraînes par un arbre long, et une Vermorel de 1917 jamais carrossée, quelque peu transformée en dépanneuse, et comportant une scie à ruban à l'arrière du chassis animée de manière hybride (c'est la mode aujourd'hui) qui permettait soit de se connecter directement au réseau EDF par le biais de perches (un compteur était monté dans un boîtier), soit de fonctionner à l'essence (moteur Bernard W3???). Lors de la vague de froide de 1954 (-52°C), c'était le seul véhicule fonctionnel du village, et c'est lui qui assurait le ravitaillement. Le circuit de refroidissement était vidangé chaque soir pour être sur qu'il ne gêle pas pendant la nuit.
J'adorais passer de longues heures dans son atelier, il y régnait une odeur de cambouis que l'on ne retrouve plus avec les mécaniques modernes.

Aujourd'hui, le garage a été débarrassé, pas mal de trésors sont partis à la ferraille. Je n'ai pu sauver qu'une caisse avec de vieilles pièces de motos, et quelques catadioptres . Les 5 enfants se sont disputés l'héritage, tout a été vendu pour une bouchée de pain. La 15 a été vendue pour 500F ,pire encore, la Vermorel termine sa vie a l'état de quasi abandon sous un hangar aux quatre vents, l'oncle qui l'a récupérée pensait en tirer une fortune, alors que son état ne le justifie pas. Bref, du gâchis, et une famille (pourtant pas éloignée géographiquement) que je n'ai pu rencontrer qu'à l'enterrement de mon père.


Administrateurs, veuillez désormais fermer mon compte.

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#20 12-11-2010 10:52:04

LR539
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Famille, je vous hais !!!!
Lors de la succession de mes parents j'ai vu disparaître -pour de sordides raisons- toutes les photos, tous les documents de famille qui avaient été récupérés par ma soeur, laquelle a légué l'ensemble à des étrangers à la famille .........


Michel, Toulouse, "Est possédé - à nouveau- par une Rosengart LR539".
"Je ne suis pas un ancien de 82 ans... Je suis un jeune de 20 ans, avec 62 années d'expérience et j'ai abandonné l'idée d'être pris au sérieux. Les années n'apportent pas la sagesse, juste la vieillesse."

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#21 12-11-2010 11:19:01

LR539
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Pour continuer sur le sujet du post et répondre à Christoph
Donc, au sorti de la guerre, mon père avait une Hotchkiss transformée en camionette, pour le transport des fruits et légumes
Par la suite, il abandonne ces transports, entre à l'usine et achète un traction 11BL, noire, malle plate
Au mois de juin 1956, mon père m'envoie -avec ma soeur au volant et un copain à coté- faire une lointaine course dans un village à coté
Il voulait en fait m'éloigner de la maison pour me faire une surprise à mon retour
Comme j'avais réussi le BEPC, mes parents m'avaient acheté une mobylette (la beige avec le réservoir en triangle sous la selle) et elle devait m'attendre, toute neuve et belle, à mon retour.

De fait, se sont eux qui ont eu la surprise, et de taille !!!

Il faisait un gros orage cet après-midi là et sur une route de campagne, pluie, gravillons, éclairs, jeune conductrice (ma soeur), la traction a dérapé, s'est mise sur le flanc et a percuté un talus !!
Bilan : poignet cassé pour ma soeur (le volant a tourné jusqu'en butée au choc avant)
Une belle plaie au front pour le passager (la commande d'essuie-glace enfoncée dans le front)
Et pour moi une grosse plaie au cuir chevelu : j'avais, avec la tête cassé, le plafonnier qui s'était bien vengé !!!
Pompier, ambulance, hôpital .... retour peu glorieux du "lauréat"

La voiture, aplatie du bas de caisse jusqu'au centre du pavillon, a fini à la casse !!

Mais mon père aimait la traction.
Il a donc racheté une autre 11, large cette fois ci, malle bombée, bleue RAF, comme on disait à l'époque !!

Quelques années plus tard le pétrole ayant fortement augmenté et la traction consommant beaucoup -aux dires de mon père- il a revendu la trac pour 500 francs à un pépiniériste d'Escalquens qui s'en est servi quelques temps comme "tracteur" dans sa pépinière; et mon père a acheté une Panhard Dyna Z, spacieuse, rapide, peu gourmande en carburant.
IL me l'a donné par la suite, quand j'ai commencé le "pionicat" à ALBI , puis GOURDAN-POLIGNAN en même temps que la fac à TOULOUSE, pour remplacer mon Vespa


Nostalgie, nostalgie   

J'ai revu la traction bleue de mon père dans une casse à Saint-Porquier, il y a maintenant une vingtaine d'années
Mais la Veuve et la fille du casseur (décédé) n'ont jamais voulu vendre ces voitures (il y avait de tout, peu récupérable d'ailleurs car enfoncé dans la terre jusqu'à mi caisse : traction malle borgne, rosalie, dyna X, peugeot .......)
Maintenant la casse a été complétement nettoyée, arasée et les voitures disparues.


Michel, Toulouse, "Est possédé - à nouveau- par une Rosengart LR539".
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#22 12-11-2010 11:20:56

LR539
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

11bl1956 a écrit :

... et ces étrangers, Michel, ne sont plus vivants ?

Impossible même d'avoir leurs nom et adresse, puisque je ne suis pas cité sur le testament de ma soeur !!
J'ai fais une demande au notaire, qui a transmis à ces "héritiers", mais je n'ai pas eu de réponse !!!


Michel, Toulouse, "Est possédé - à nouveau- par une Rosengart LR539".
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#23 12-11-2010 11:44:14

JPP38
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

LR539 a écrit :

Famille, je vous hais !!!!
Lors de la succession de mes parents j'ai vu disparaître -pour de sordides raisons- toutes les photos, tous les documents de famille qui avaient été récupérés par ma soeur, laquelle a légué l'ensemble à des étrangers à la famille .........

Je n'ai pas eu ce problème-là, vu que je n'ai ni frère, ni sœur. Je sais que mon père avait pu récupérer des documents de famille (tout ce qui ne valait rien quoi!!!), et des photos de classe du début du siècle, mais j'ignore où ils sont rangés. L'autre-jour, j'ai pu retrouver 2 vases fabriqués dans des douilles d'obus de la guerre de 14. J'ai découvert que mon grand-père avait également un côté artiste vue la qualité de réalisation, et comment cela a été décoré.

Le pire dans la disparition d'un proche, c'est la perte de sa mémoire; ce n'est qu'à travers de maigres documentaires d'époque que l'on peut s'imaginer la vie d'un aïeul pendant la guerre de 14/18, ou même savoir comment faisait-il pour nourrir une famille de 4 enfants pendant l'occupation. Ce sont des choses qui sont difficilement racontables pour une personne qui les a vécues, et qui en a souffert. chacun devrait réaliser ses mémoires.


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#24 12-11-2010 11:46:57

JPP38
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

11bl1956 a écrit :

...il y a des politesses élémentaires qui se perdent...

Dans la famille, c'est là qu'il y a le moins de politesse.

Bon, là, ce n'est pas la famille, mais l'attitude y est.


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#25 12-11-2010 12:04:18

LR539
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Re : Pour ceux qui sont nés après la dernière Traction

Et surtout je ne voudrai pas que ces documents familiaux finissent, comme beaucoup, dans des brocantes ou foires aux vieux papiers
Je suis allé l'autre jour à Castesarrasin à une "bourse toutes collections"
J'ai eu la surprise d'y trouver à la vente un album photos d'une vieille famille moissagaise que j'ai bien connu et pour qui mon père avait travaillé.
J'ai trouvé ça "dégueulasse" (excusez le mot, mais pour moi il n'y en a pas d'autres...)
La semaine suivante, je suis allé fleurir la tombe de mes parents au cimetière de Moissac et je suis passé devant la sépulture de cette famille, abandonnée, et j'ai eu un sentiment de honte pour ceux qui avaient laissé vendre sa mémoire photographique.

Dernière modification par LR539 (12-11-2010 12:05:35)


Michel, Toulouse, "Est possédé - à nouveau- par une Rosengart LR539".
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